JuridiquePublié le 18 avril 2026· Mis à jour le 23 avril 2026· 11 min de lecture

Indemnités de licenciement 2025 : calcul et barème légal

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Par Hakim Snoussi
Fondateur de RH5, expert SIRH pour PME

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categorie: Juridique

date: 2025

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# Indemnités de licenciement : calcul et barème 2025


Le licenciement d'un salarié en CDI ouvre droit, sauf faute grave ou lourde, au versement d'une indemnité légale de licenciement encadrée par les articles L1234-9 et R1234-2 du Code du travail. Depuis l'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, le seuil d'ancienneté est abaissé à 8 mois et le taux de calcul revalorisé. Pour un employeur, mal calculer cette indemnité expose à un contentieux prud'homal coûteux. Pour un salarié, cela représente parfois plusieurs milliers d'euros. Ce guide détaille le barème légal 2025, la méthode de calcul du salaire de référence, deux exemples chiffrés, l'articulation avec les conventions collectives, le barème Macron (article L1235-3 CT), et les cas particuliers (économique, CSP, rupture conventionnelle).


Indemnité de licenciement : définition et conditions


L'indemnité légale de licenciement est une somme versée par l'employeur au salarié dont le contrat de travail est rompu à l'initiative de l'entreprise. Il s'agit d'une réparation forfaitaire du préjudice lié à la perte d'emploi, distincte des autres sommes dues (salaires, congés payés, préavis).


Les conditions cumulatives d'ouverture du droit


Pour percevoir l'indemnité légale, le salarié doit remplir quatre conditions :


- Être titulaire d'un contrat à durée indéterminée (CDI). Les CDD ont leur propre régime (indemnité de fin de contrat de 10 %).

- Justifier d'une ancienneté d'au moins 8 mois ininterrompus chez le même employeur à la date de notification du licenciement. Avant l'ordonnance de 2017, ce seuil était d'un an.

- Être licencié pour un motif autre qu'une faute grave ou lourde. Le licenciement pour faute simple, pour motif personnel (insuffisance professionnelle, inaptitude) ou pour motif économique ouvre droit à l'indemnité.

  • Le contrat ne doit pas être rompu par démission, départ à la retraite volontaire ou rupture amiable hors cadre légal.

  • Point d'attention : en cas d'inaptitude d'origine professionnelle, l'indemnité légale est doublée (article L1226-14 CT).


    Le barème légal 2025


    Le barème en vigueur en 2025 découle du décret n° 2017-1398 du 25 septembre 2017 codifié à l'article R1234-2 du Code du travail. Il se compose de deux tranches :



    Ces deux tranches se cumulent pour un salarié ayant plus de 10 ans d'ancienneté : les 10 premières années à 1/4, puis les années suivantes à 1/3.


    Principes de calcul de l'ancienneté


    L'ancienneté est calculée de la date d'entrée effective dans l'entreprise jusqu'à la date de fin du préavis, que celui-ci soit effectué ou non. Cette règle est favorable au salarié : même dispensé de préavis, il voit sa durée comptabilisée.


    Les années incomplètes donnent lieu à un calcul proportionnel au nombre de mois complets de présence. Exemple : un salarié ayant 7 ans et 6 mois obtient 7,5 × (1/4) = 1,875 mois de salaire.


    Comment calculer le salaire de référence ?


    Le salaire de référence est le salaire brut servant de base au calcul de l'indemnité. L'article R1234-4 du Code du travail impose de retenir la formule la plus favorable au salarié entre deux méthodes :


    Formule 1 : moyenne des 12 derniers mois


    On additionne les salaires bruts mensuels des 12 mois précédant la notification du licenciement, puis on divise par 12. Cette moyenne inclut :


  • Le salaire de base
  • Les primes mensuelles (ancienneté, productivité)
  • Les commissions
  • - Les primes annuelles ou exceptionnelles versées durant la période, au prorata


    Si le salarié a moins de 12 mois d'ancienneté, on fait la moyenne sur la durée effective.


    Formule 2 : moyenne des 3 derniers mois


    On additionne les salaires bruts des 3 derniers mois, puis on divise par 3. Les primes annuelles (13e mois, prime de bilan) perçues durant ces 3 mois sont intégrées au prorata : on ne compte qu'une fraction représentant 3/12 de la prime annuelle.


    Comparatif des deux formules



    On retient systématiquement le résultat le plus élevé.


    Exemple concret : licenciement d'un salarié 5 ans d'ancienneté, 2 800 € brut


    Prenons Julien, commercial dans une PME, licencié pour insuffisance professionnelle après 5 ans et 4 mois d'ancienneté. Son salaire mensuel brut est stable à 2 800 €, avec un 13e mois de 2 800 € versé en décembre.


    Salaire de référence


    - Formule 12 mois : (12 × 2 800 + 2 800) / 12 = 36 400 / 12 = 3 033,33 €

    - Formule 3 mois : (3 × 2 800 + 2 800 × 3/12) / 3 = (8 400 + 700) / 3 = 3 033,33 €


    Les deux formules donnent ici le même résultat. Salaire de référence retenu : 3 033,33 €.


    Calcul de l'indemnité légale


    Ancienneté : 5 ans et 4 mois, soit 5 + (4/12) = 5,333 années.


    Indemnité = 5,333 × (1/4) × 3 033,33 = 4 044,43 € bruts.


    Julien percevra donc un peu plus de 4 000 € d'indemnité légale, exonérée dans la limite expliquée plus bas.


    Exemple 2 : salarié 15 ans d'ancienneté, 3 500 € brut


    Martine, assistante de direction, est licenciée pour motif économique après 15 ans pleins d'ancienneté. Salaire mensuel brut : 3 500 €, prime annuelle de vacances 1 000 € versée en juin.


    Salaire de référence


    - Formule 12 mois : (12 × 3 500 + 1 000) / 12 = 43 000 / 12 = 3 583,33 €

    - Formule 3 mois : (3 × 3 500 + 1 000 × 3/12) / 3 = (10 500 + 250) / 3 = 3 583,33 €


    Salaire de référence : 3 583,33 €.


    Calcul avec les deux tranches


    Martine dépasse les 10 ans d'ancienneté, il faut cumuler les deux tranches du barème.


    - Tranche 1 (10 premières années) : 10 × (1/4) × 3 583,33 = 8 958,33 €

    - Tranche 2 (années au-delà de 10) : 5 × (1/3) × 3 583,33 = 5 972,22 €


    Indemnité légale totale : 8 958,33 + 5 972,22 = 14 930,55 € bruts.


    Cette somme peut être supérieure si la convention collective applicable prévoit un barème plus favorable.


    Convention collective et indemnité : qui l'emporte ?


    Le barème légal est un plancher. La convention collective (CC), un accord d'entreprise ou le contrat de travail peuvent prévoir une indemnité plus favorable au salarié. Dans ce cas, c'est le barème conventionnel qui s'applique.


    Exemples fréquents


    - CC Syntec (ingénieurs, cadres du numérique) : 1/3 de mois par année dès la première année, avec plafonnement à 12 mois.

    - CC Métallurgie : barème spécifique selon la catégorie et l'âge.

    - CC HCR (hôtels, cafés, restaurants) : alignée sur le légal dans la plupart des cas.

    - CC Bâtiment : barèmes distincts ouvriers/ETAM/cadres.


    Règle d'or : on compare, on retient le plus favorable


    L'employeur doit calculer les deux indemnités (légale et conventionnelle) et verser le montant le plus élevé. Il ne s'agit pas d'additionner les deux. Le salaire de référence peut également différer entre le Code du travail et la CC (durée, éléments inclus), ce qui complique le calcul manuel.


    Le barème Macron : plancher et plafond prud'hommes


    À ne pas confondre avec l'indemnité légale de licenciement, le barème Macron (article L1235-3 CT, issu de l'ordonnance 2017-1387) encadre les dommages et intérêts versés aux prud'hommes lorsque le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse.


    Tableau indicatif du barème Macron (entreprises ≥ 11 salariés)



    Pour les entreprises de moins de 11 salariés, les minima sont abaissés (0,5 à 2,5 mois selon l'ancienneté).


    Le barème Macron s'ajoute à l'indemnité légale déjà versée si le juge estime le licenciement non justifié.


    Indemnité de préavis : ne pas confondre


    L'indemnité compensatrice de préavis est due lorsque l'employeur dispense le salarié d'exécuter son préavis. Elle correspond aux salaires qu'il aurait perçus s'il avait travaillé durant la période de préavis.


  • Durée de préavis (sauf CC plus favorable) :
  • - Moins de 6 mois d'ancienneté : variable selon la CC

    - De 6 mois à moins de 2 ans : 1 mois

    - 2 ans et plus : 2 mois

    - L'indemnité de préavis est soumise à cotisations et imposable en totalité, contrairement à l'indemnité de licenciement.

    - Elle se calcule sur le salaire brut habituel, incluant primes et commissions.


    Attention : en cas de faute grave, il n'y a ni indemnité de licenciement, ni indemnité de préavis.


    Cas particuliers : licenciement économique, CSP, rupture conventionnelle


    Licenciement économique


    Le salarié licencié pour motif économique bénéficie de l'indemnité légale (ou conventionnelle) dans les mêmes conditions, plus d'éventuelles majorations prévues par un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) dans les entreprises de 50 salariés et plus. Un plan de reclassement doit être proposé.


    Contrat de sécurisation professionnelle (CSP)


    Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, l'employeur doit proposer un CSP au salarié licencié économique. L'acceptation du CSP :


  • Rompt le contrat sans préavis (pas d'indemnité compensatrice de préavis versée au salarié, mais versement à Pôle emploi).
  • - Maintient l'indemnité légale de licenciement intégralement.

    - Ouvre droit à une allocation de sécurisation professionnelle (ASP) supérieure à l'ARE classique.


    Rupture conventionnelle


    Lors d'une rupture conventionnelle (articles L1237-11 et suivants), le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle (ISRC) dont le minimum légal est égal à l'indemnité légale de licenciement. Les parties peuvent négocier un montant supérieur. Cette indemnité bénéficie du même régime social et fiscal favorable.


    Régime social et fiscal des indemnités


    L'indemnité de licenciement bénéficie d'un régime partiellement exonéré, ce qui en fait un outil souvent avantageux par rapport à une simple prime.


    Exonération fiscale (impôt sur le revenu)


    L'indemnité est exonérée dans la limite du plus élevé des trois montants suivants :


  • Le montant prévu par la loi ou la CC
  • - 2 fois la rémunération brute annuelle de l'année précédente

    - 50 % du montant total de l'indemnité perçue


    Dans la limite de 6 PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale), soit environ 282 600 € en 2025 (PASS 2025 = 47 100 €).


    Exonération de cotisations sociales


    L'indemnité est exonérée de cotisations dans la limite du plus petit des deux montants :


  • La fraction exonérée d'impôt
  • - 2 PASS, soit environ 94 200 € en 2025


    CSG et CRDS


    La fraction correspondant à l'indemnité légale ou conventionnelle est exonérée de CSG/CRDS. Le surplus est assujetti.


    5 erreurs fréquentes en PME


    1. Oublier d'intégrer les primes annuelles au prorata dans la formule 3 mois, ce qui sous-évalue le salaire de référence.

    2. Calculer sur le net au lieu du brut, alors que toute la base légale est en brut.

    3. Arrêter l'ancienneté à la date de notification et non à la fin du préavis, ce qui prive le salarié de quelques mois.

    4. Appliquer uniquement le barème légal sans vérifier la convention collective applicable, souvent plus favorable.

    5. Confondre indemnité de licenciement et barème Macron : le second ne s'applique qu'en cas de contentieux aux prud'hommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.


    Comment un SIRH calcule les indemnités automatiquement


    Un logiciel de gestion RH moderne comme RH5 intègre la matrice du barème légal et les principales conventions collectives. À partir de la date d'entrée, du motif de rupture et de l'historique de paie des 12 derniers mois, il calcule en quelques secondes les deux formules de salaire de référence, applique le barème le plus favorable (légal vs conventionnel), simule le régime social et fiscal et génère un bulletin de solde de tout compte conforme. Pour une PME qui gère deux à cinq licenciements par an, cette automatisation élimine le risque d'erreur manuelle et sécurise la preuve en cas de contentieux prud'homal.


    FAQ — Indemnités de licenciement


    Quel est le minimum d'ancienneté pour toucher l'indemnité légale ?


    Depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017, il faut 8 mois d'ancienneté ininterrompue chez le même employeur à la date de notification du licenciement. Avant 2017, le seuil était d'un an. Cette règle s'applique à tout salarié en CDI licencié pour un motif autre que faute grave ou lourde, y compris en cas de licenciement économique ou pour inaptitude.


    L'indemnité est-elle due en cas de faute grave ?


    Non. En cas de faute grave ou de faute lourde, le salarié ne perçoit ni indemnité légale de licenciement, ni indemnité compensatrice de préavis. Il conserve uniquement ses salaires dus et son indemnité de congés payés. Si le juge prud'homal requalifie la faute en cause simple, l'employeur devra verser rétroactivement l'indemnité.


    Comment est calculée l'ancienneté pour un salarié en temps partiel ?


    L'ancienneté se compte en durée civile (années et mois écoulés), identique à un temps plein. En revanche, le salaire de référence retenu est le salaire réellement perçu à temps partiel. Si le salarié a alterné temps plein et temps partiel, une règle de proratisation spécifique s'applique pour reconstituer un salaire de référence équitable.


    Que se passe-t-il si j'accepte une rupture conventionnelle ?


    L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement calculée selon le barème L1234-9. Les parties peuvent négocier un montant supérieur. L'indemnité bénéficie du même régime social et fiscal avantageux que l'indemnité de licenciement classique, dans les limites des 2 PASS et 6 PASS.


    Puis-je cumuler l'indemnité légale et l'indemnité conventionnelle ?


    Non. L'employeur compare les deux et verse la plus élevée des deux. Le cumul n'est pas autorisé sauf stipulation expresse du contrat ou d'un accord. En pratique, les indemnités conventionnelles sont souvent plus favorables (taux plus élevés, planchers dès la première année d'ancienneté), ce qui rend la vérification systématique indispensable.


    L'indemnité est-elle imposable ?


    L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé de trois seuils : montant légal/conventionnel, 2 fois la rémunération brute annuelle, ou 50 % du total versé, le tout plafonné à 6 PASS (environ 282 600 € en 2025). Le surplus éventuel est imposable selon le barème progressif ou, sur option, selon le système du quotient.


    Quel recours si l'employeur ne verse pas l'indemnité ?


    Le salarié dispose d'un délai de 12 mois après la notification du licenciement pour saisir le conseil de prud'hommes (article L1471-1 CT). Il peut demander le paiement de l'indemnité due, des intérêts de retard et, s'il conteste le motif, des dommages et intérêts au titre du barème Macron (L1235-3 CT) pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.


    Conclusion


    Le calcul des indemnités de licenciement repose sur deux paramètres : l'ancienneté et le salaire de référence. Le barème légal de 1/4 puis 1/3 de mois, la comparaison avec la convention collective et la connaissance du régime fiscal conditionnent un solde de tout compte juste. En cas de doute, consultez votre convention collective ou un conseil spécialisé avant toute notification.


    Tranche d'anciennetéTaux par année
    De 0 à 10 ans**1/4 de mois de salaire**
    Au-delà de 10 ans**1/3 de mois de salaire**
    ÉlémentFormule 12 moisFormule 3 mois
    Base de calcul12 derniers mois3 derniers mois
    Primes annuellesIntégrées en totalitéProratisées (x 3/12)
    Favorable siPrimes réparties toute l'annéeForte hausse récente de salaire
    Défavorable siBaisse récente de rémunérationSalaire stable avec gros 13e mois
    AnciennetéIndemnité minimaleIndemnité maximale
    < 1 an0 mois1 mois
    1 an1 mois2 mois
    2 ans3 mois3,5 mois
    5 ans3 mois6 mois
    10 ans3 mois10 mois
    15 ans3 mois13 mois
    20 ans3 mois15,5 mois
    30 ans et plus3 mois20 mois

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